Pourquoi le type de moto influence-t-il vraiment autant le tarif d'une assurance moto
Le prix d’une assurance moto peut varier considérablement d’un modèle à l’autre, même lorsque les conducteurs présentent des profils similaires. Sportive, roadster, trail, custom ou scooter : chaque type de moto possède des caractéristiques qui influencent directement l’évaluation du risque par l’assureur. Puissance, valeur du véhicule, coût des réparations, exposition au vol ou encore usage habituel sont autant de critères susceptibles de faire évoluer le montant de la cotisation. La cylindrée ne suffit donc pas, à elle seule, à expliquer les écarts de prix. Alors, pourquoi le type de moto joue-t-il un rôle aussi important dans le calcul du tarif d’une assurance moto, et quels sont réellement les critères pris en compte par les assureurs ?
Lorsqu’on souhaite assurer sa moto, on découvre rapidement que deux conducteurs présentant des profils relativement proches peuvent se voir proposer des cotisations très différentes selon la machine qu’ils utilisent. Une petite moto urbaine, un roadster de moyenne cylindrée et une sportive de plus de 1 000 cm³ n’exposent en effet pas l’assureur aux mêmes risques. Puissance, valeur du véhicule, coût des réparations, fréquence des vols ou encore type d’utilisation sont autant de paramètres susceptibles d’influencer le prix d’une assurance moto. Mais pourquoi le modèle et surtout la catégorie de la moto ont-ils autant d’importance dans le calcul du tarif ?
Le tarif d’une assurance moto repose avant tout sur une évaluation du risque
Une compagnie d’assurance ne détermine pas uniquement le montant d’une cotisation en fonction de la cylindrée d’un deux-roues. Elle cherche principalement à estimer la probabilité qu’un sinistre survienne ainsi que le coût potentiel de celui-ci.
Pour réaliser cette estimation, plusieurs éléments sont généralement pris en compte : le profil du conducteur, son expérience, ses antécédents d’assurance, son lieu de résidence, l’utilisation de la moto, son stationnement habituel et, bien entendu, les caractéristiques du véhicule.
Le type de moto constitue donc une donnée essentielle, car il donne à l’assureur de nombreuses indications sur son niveau de risque potentiel.
Une moto sportive de forte puissance ne sera par exemple pas évaluée de la même manière qu’un trail de moyenne cylindrée ou qu’un scooter destiné principalement aux trajets domicile-travail.
La puissance de la moto peut augmenter le risque de sinistre
La puissance est l’un des premiers éléments permettant de comprendre les différences de prix entre plusieurs catégories de motos.
Plus une machine est performante, plus elle est capable d’atteindre rapidement des vitesses élevées. Les accélérations et les performances disponibles peuvent également rendre certaines motos plus exigeantes à conduire.
Cela ne signifie évidemment pas qu’un conducteur de moto sportive aura nécessairement un accident. En revanche, les assureurs travaillent à partir de statistiques portant sur un grand nombre d’assurés et de sinistres.
Si une catégorie de motos présente statistiquement des accidents plus fréquents ou plus coûteux, ce risque supplémentaire peut être intégré dans le calcul des primes.
C’est notamment pour cette raison qu’une sportive de forte cylindrée peut coûter sensiblement plus cher à assurer qu’une petite cylindrée développant une puissance limitée.
Sportive, roadster ou trail : chaque catégorie présente un profil de risque différent
La cylindrée seule ne suffit d’ailleurs pas à déterminer le coût d’une assurance moto.
Deux motos équipées de moteurs de cylindrées comparables peuvent afficher des tarifs d’assurance très différents.
Une sportive de 900 cm³ et un trail de même cylindrée n’ont pas forcément les mêmes performances, la même utilisation ni le même profil d’accidentologie.
Les motos sportives
Les motos sportives figurent souvent parmi les modèles dont l’assurance peut être la plus coûteuse. Leur puissance élevée, leurs performances et le prix de certaines pièces peuvent augmenter le coût potentiel d’un sinistre.
Les carénages constituent un exemple particulièrement parlant : une chute à faible vitesse peut suffire à endommager plusieurs éléments dont le remplacement représente rapidement une somme importante.
Les roadsters
Les roadsters présentent une situation plus contrastée.
Certains modèles accessibles aux jeunes conducteurs peuvent afficher des tarifs relativement contenus, tandis que les roadsters les plus puissants peuvent se rapprocher des motos sportives en matière de tarification.
La puissance, la valeur et les statistiques propres au modèle deviennent alors déterminantes.
Les trails
Les trails et maxi-trails connaissent un succès important auprès des motards utilisant leur machine aussi bien quotidiennement que pour voyager.
Même lorsqu’ils sont puissants, leur profil d’utilisation peut différer de celui d’une sportive. Leur valeur parfois élevée, leur équipement électronique et le prix des pièces peuvent toutefois augmenter le coût d’une assurance tous risques.
Les motos custom
Les customs privilégient généralement davantage le couple et l’agrément de conduite que les performances pures.
Cependant, certains modèles haut de gamme disposent d’une valeur importante ou d’accessoires coûteux. Leur prime d’assurance dépendra donc beaucoup de leur prix et du niveau de protection choisi.
La valeur de la moto influence directement le coût potentiel d’un sinistre
Le prix d’achat du véhicule représente un autre facteur majeur.
Lorsqu’une moto est assurée avec des garanties couvrant les dommages subis par le véhicule, sa valeur constitue un risque financier pour l’assureur.
Prenons deux motos accidentées dans des conditions similaires.
Si la première vaut 6 000 euros et la seconde 20 000 euros, le montant susceptible d’être versé par l’assureur en cas de dommages importants ou de destruction du véhicule n’est évidemment pas identique.
Les motos haut de gamme peuvent ainsi être plus coûteuses à assurer, même lorsque leur puissance n’est pas particulièrement élevée.
Cette différence devient surtout visible lorsque le conducteur choisit une formule étendue comprenant notamment les dommages tous accidents.
Le prix des réparations varie énormément selon les modèles
La valeur de la moto n’est pas le seul élément à considérer. Son coût de réparation est également important.
Une chute peut endommager de nombreux composants :
- carénages ;
- rétroviseurs ;
- leviers ;
- réservoir ;
- échappement ;
- optiques ;
- éléments électroniques ;
- équipements d’aide à la conduite.
Sur certaines motos modernes, un phare LED, un écran TFT, un radar ou un ensemble de capteurs peut représenter un coût significatif.
Deux accidents apparemment identiques peuvent ainsi générer des factures de réparation très différentes selon la technologie embarquée et le prix des pièces du constructeur.
Cette réalité peut se répercuter sur le tarif demandé pour assurer certains modèles.
Le risque de vol joue également un rôle important
Toutes les motos ne présentent pas non plus la même attractivité pour les voleurs.
Certains modèles populaires, faciles à revendre ou dont les pièces sont recherchées peuvent être davantage exposés au vol.
Le lieu de stationnement entre également en ligne de compte. Une moto garée quotidiennement dans la rue au cœur d’une grande agglomération ne présente pas exactement le même risque qu’un véhicule stationné chaque nuit dans un garage fermé.
Lorsque la garantie vol est incluse dans le contrat, l’assureur combine généralement les caractéristiques du véhicule avec les conditions dans lesquelles celui-ci est utilisé et stationné.
Un modèle particulièrement exposé au vol peut ainsi engendrer une prime supérieure à celle d’une moto de valeur comparable mais statistiquement moins ciblée.
L’usage associé à chaque type de moto peut modifier la tarification
Le type de moto fournit aussi des indications sur l’utilisation probable du véhicule.
Un scooter de moyenne cylindrée peut être utilisé quotidiennement pour effectuer des trajets domicile-travail dans une grande ville. Il sera alors exposé régulièrement à une circulation dense et aux risques liés au trafic urbain.
À l’inverse, une moto de collection ou un custom utilisé uniquement certains week-ends peut parcourir beaucoup moins de kilomètres chaque année.
Le kilométrage, la fréquence d’utilisation et la nature des déplacements peuvent donc compléter l’analyse du risque.
Certains contrats distinguent notamment les déplacements privés, les trajets domicile-travail ou encore certains usages professionnels.
Pourquoi deux motos de même cylindrée peuvent-elles coûter très différemment à assurer ?
Il est donc important de ne pas considérer la cylindrée comme le seul indicateur du prix d’une assurance.
Deux motos de 700 cm³ peuvent présenter :
une puissance différente, une valeur différente, des coûts de réparation différents, une fréquence de vol différente et des statistiques d’accidents différentes.
Même au sein d’une catégorie identique, les écarts peuvent être importants.
Un roadster de 700 cm³ accessible et largement diffusé ne sera pas nécessairement évalué de la même manière qu’un modèle sportif ou premium de cylindrée équivalente.
C’est l’association de tous ces paramètres qui permet de déterminer le profil de risque du véhicule.
Le profil du conducteur reste néanmoins déterminant
Le type de moto ne constitue qu’une partie de l’équation.
Deux propriétaires du même modèle peuvent parfaitement recevoir des propositions différentes.
L’assureur peut notamment prendre en compte l’âge et l’expérience du conducteur, la date d’obtention du permis, son historique d’assurance ou encore ses éventuels sinistres antérieurs.
Le coefficient de réduction-majoration peut également intervenir lorsque celui-ci est applicable.
Un motard expérimenté disposant d’un bon historique pourra donc bénéficier d’une situation différente de celle d’un conducteur récemment titulaire du permis souhaitant assurer exactement la même machine.
Le lieu de résidence et les conditions de stationnement peuvent également accentuer les écarts.
Le niveau de garanties choisi change fortement le prix
Comparer le tarif d’assurance de plusieurs motos n’a enfin de sens que lorsque les niveaux de couverture sont équivalents.
Une assurance au tiers vise principalement à couvrir la responsabilité civile obligatoire. Une formule plus complète peut notamment ajouter, selon le contrat, des garanties contre le vol, l’incendie, certains événements climatiques ou les dommages subis par la moto.
Sur une moto ancienne ou de faible valeur, certains conducteurs peuvent privilégier une couverture plus limitée.
À l’inverse, le propriétaire d’une moto récente représentant un investissement conséquent peut souhaiter disposer d’une protection beaucoup plus étendue.
La différence de tarif observée entre plusieurs catégories de motos peut donc provenir à la fois du risque propre au véhicule et du niveau de couverture choisi par son propriétaire.
Comparer le coût de l’assurance avant de choisir sa moto
Le budget consacré à une moto ne se limite pas à son prix d’achat.
Carburant, entretien, pneumatiques, équipements du motard et assurance doivent également être anticipés.
Il peut donc être intéressant d’effectuer plusieurs simulations avant même d’acheter une moto, particulièrement lorsqu’on hésite entre différents modèles.
Une différence de quelques dizaines d’euros par mois peut devenir significative sur plusieurs années.
Cette démarche est particulièrement pertinente pour un jeune conducteur ou pour un motard souhaitant passer d’une machine de moyenne cylindrée à un modèle beaucoup plus puissant.
Le type de moto compte, mais il n’explique pas tout
Si le type de moto influence autant le tarif d’une assurance, c’est finalement parce qu’il renseigne l’assureur sur plusieurs risques simultanément : probabilité d’accident, gravité potentielle du sinistre, coût des réparations, valeur du véhicule et exposition au vol.
Une sportive, un roadster, un trail ou un custom ne présentent pas exactement les mêmes caractéristiques ni les mêmes statistiques.
Pour autant, aucune catégorie ne possède un tarif universel. Le prix final dépend toujours de la combinaison entre la moto, son conducteur, son utilisation, son lieu de stationnement et les garanties sélectionnées.
Pour connaître le véritable coût d’assurance d’une machine, la solution la plus pertinente reste donc de réaliser une simulation à partir du modèle précis envisagé et de son propre profil de conducteur, plutôt que de se fier uniquement à sa cylindrée ou à sa catégorie.