Comment choisir les meilleurs gants pour moto ?
Rouler sans protection homologuée aux mains, c'est risquer une amende, mais surtout exposer ses doigts à des blessures graves dès le moindre contact avec le bitume. Les mains encaissent le premier choc lors d'une chute : paume râpée, phalanges fracturées, brûlures par abrasion. Pourtant, beaucoup de motards choisissent leur équipement à la va-vite, en se fiant uniquement au look ou au prix. Protection, confort de conduite, sensibilité sur les commandes, résistance au froid ou à la pluie : un bon modèle doit cocher plusieurs cases à la fois. Le compromis idéal dépend des matériaux, du niveau d'homologation, de la saison, de la taille et du budget que vous êtes prêt à y consacrer. Voici les repères concrets pour trancher sans vous tromper.
L’homologation CE, premier critère de sélection
Depuis novembre 2016, le port de gants homologués CE est obligatoire pour le conducteur comme pour le passager. Rouler sans exposer à une amende de 68 € et au retrait d’un point sur le permis. Au-delà du volet réglementaire, cette homologation garantit un niveau de protection minimal vérifié en laboratoire, et vous pouvez en acheter ici pour trouver des modèles conformes à toutes les pratiques.
La norme EN 13594 encadre les tests que chaque gant doit passer. Les techniciens mesurent la résistance à l’abrasion (frottement prolongé contre une surface rugueuse), la résistance à l’arrachement des coutures et la résistance à l’éclatement du matériau sous pression. Un gant qui réussit ces épreuves dresse une vraie barrière entre votre peau et l’asphalte.
Trois niveaux de certification coexistent :
- Protection de base (niveau 1) : suffisante pour un usage urbain à vitesse modérée
- Renfort métacarpien (niveau 1 KP) : mêmes caractéristiques avec une coque protégeant le dessus de la main
- Usage routier intensif (niveau 2 KP) : résistance renforcée sur tous les critères, taillée pour la route, le touring longue distance et la conduite sportive
Pour vérifier l’homologation, retournez le gant. Une étiquette cousue à l’intérieur du manchon mentionne la norme, le niveau et le pictogramme moto. Si elle manque ou reste illisible, passez votre chemin.
Sélection de gants
Le choix des matériaux entre cuir et textile
Le cuir reste la référence pour beaucoup de motards. Son grip naturel sur les poignées, sa haute résistance à l’abrasion et sa capacité à épouser la forme de la main au fil des kilomètres en font un allié fiable. Cuir de chèvre, de kangourou ou de bovin, chaque type offre un équilibre différent entre souplesse et robustesse. Contrepartie : un entretien régulier au baume hydratant s’impose pour éviter dessèchement et craquelures.
Sélection de gants cuir
Le textile a rattrapé son retard. Les fibres synthétiques modernes (polyamide renforcé, Cordura) sèchent vite, pèsent peu et rivalisent avec certains cuirs d’entrée de gamme. Pour le touring ou les trajets quotidiens sous la pluie, un gant textile à membrane imperméable simplifie la vie. Le séchage rapide évite aussi les mauvaises odeurs en mi-saison.
Sélection de gants textile
Les gants mixtes cuir-textile réunissent les deux mondes : paume en cuir pour le grip et l’abrasion, dos de main en textile pour la ventilation ou l’imperméabilité. Côté renforts, cherchez des coques carbone ou aramide sur les articulations, des protections métacarpiennes sur le dessus de la main et des renforts palmaires anti-glisse. Ces détails séparent le gant qui protège vraiment de celui qui se contente de couvrir la main.
Des gants adaptés à chaque saison et usage
Un seul modèle ne tiendra jamais douze mois de roulage. La température, l’humidité et la durée des trajets dictent le type de gant à enfiler, et rouler avec le mauvais équipement gâche autant le confort que la sécurité. Trois grandes familles se partagent l’année, chacune avec ses compromis entre aération, isolation et sensibilité aux commandes.
Gants été et mi-saison
Les gants été misent sur la ventilation maximale : perforations sur les doigts et le dos de la main, mesh aéré, doublure minimale. Ils gardent les mains au sec quand le thermomètre dépasse 30 °C, tout en conservant des protections homologuées (coques articulaires, renfort paume). Leur légèreté offre une excellente sensibilité au frein et à l’embrayage.
Les gants mi-saison couvrent une plage de 5 à 25 °C environ. Étanches sans doublure thermique épaisse, ils restent le choix le plus polyvalent pour qui roule toute l’année en climat tempéré. Beaucoup de modèles se marient avec des poignées chauffantes, ce qui prolonge leur usage jusqu’aux premières gelées. Un bon mi-saison remplace deux paires dans pas mal de situations.
Gants hiver
Rouler sous 5 °C sans gants adaptés transforme chaque trajet en épreuve. Une doublure thermique (Thinsulate, PrimaLoft) et une membrane imperméable (Gore-Tex, Drystar ou équivalent) deviennent indispensables. Le froid engourdit les doigts, ralentit les réflexes et rend le freinage imprécis.
Une astuce de taillage : laissez environ 0,5 cm de marge au bout des doigts. Cet espace laisse l’air chaud circuler autour des phalanges au lieu de comprimer la main. Le piège classique ? Prendre trop serré par peur de perdre en sensibilité, alors que c’est justement la compression qui coupe la circulation sanguine et refroidit les extrémités. Acceptez un léger flottement, vos doigts resteront mobiles et chauds bien plus longtemps.
Trouver la bonne taille pour un maintien optimal
Un gant trop large glisse sur les commandes. Trop serré, il engourdit les doigts au bout de vingt minutes. La bonne taille se mesure avec un mètre de couturière enroulé autour de la paume, pouce exclu, au niveau des métacarpes.
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Tour de paume |
Taille indicative (adulte) |
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19-20 cm |
S |
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21-22 cm |
M |
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23-24 cm |
L |
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25-26 cm |
XL |
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27 cm et plus |
2XL à 4XL |
Selon les marques, cette échelle se traduit soit en tailles 2XS à 4XL, soit en système numérique de 4 à 14. Pour les femmes, la plage va généralement de 15 à 23 cm, avec des coupes plus étroites aux doigts. Les modèles enfants couvrent 14 à 18 cm de tour de paume et adoptent des fermetures simplifiées (velcro large, manchon élastique).
L’ajustement idéal ? Le gant épouse la main fermement sans écraser les articulations. Serrez le poing, fléchissez les doigts, simulez une poignée d’accélérateur. Aucune couture ne doit frotter ni créer de point de pression. Pour un achat en ligne, vérifiez la politique de retour du vendeur avant de valider. Certaines marques taillent petit (surtout le racing), d’autres généreusement (touring).
Le budget à prévoir selon votre pratique
Le prix grimpe avec la technicité et le confort thermique, mais un tarif élevé ne garantit pas toujours le bon gant pour votre usage. Un motard urbain n’a pas les mêmes besoins qu’un pilote de piste. Autant caler votre budget sur votre pratique réelle. Les fourchettes courantes s’échelonnent ainsi :
- Gants été : à partir de 50 €, jusqu’à 150 € pour les modèles racing ventilés
- Gants mi-saison : entre 40 et 190 €, selon la membrane et les renforts
- Gants hiver : de 60 à 250 €, le Gore-Tex et les doublures haut de gamme tirant les prix vers le haut
- Gants compétition : jusqu’à 400 € pour du cuir kangourou à coques titane
Un bon gant urbain homologué, tactile et renforcé se trouve autour de 70 €. C’est le meilleur rapport qualité-prix pour un usage quotidien. Les options qui font grimper la facture ? La compatibilité écran tactile (index et pouce conducteurs), la raclette essuie-visière sur l’index gauche et les membranes imperméables premium.
Plutôt qu’un seul gant « quatre saisons » qui ne satisfait jamais vraiment, misez sur deux paires complémentaires. Une paire été ou mi-saison associée à une paire hiver couvre toute l’année sans sacrifier ni le confort ni la protection. Vos mains vous remercieront au premier virage sous la pluie de novembre.